Virgin Galactic et la NASA viennent de signer un accord pour plus de 4,5 millions de dollars, autorisant l’administration spatiale américaine à affréter un vol complet, avec une option d’ores et déjà posée sur deux vols supplémentaires. La NASA pense ainsi offrir à ses ingénieurs, techniciens et autres scientifiques la possibilité de mener des expériences en milieu suborbital. Cet accord présente une formidable opportunité pour Virgin, qui en sus du tourisme spatial développe maintenant ses activités dans le champ de la recherche scientifique.
Richard Branson, fondateur de Virgin Galactic, a récemment affirmé devant la presse que les premiers vols commerciaux seront vraisemblablement entrepris dans moins d’un an. Aujourd’hui, Virgin a vendu 430 billets à 200 000 dollars l’unité. En outre, Branson précise à cette occasion que la mise en place de futurs vols intercontinentaux est toujours étudiée à plus long terme.
Pendant ce temps, la construction de Spaceport America avance à grands pas : la construction du terminal utilisé par Virgin Galactic sera finalisée avant la fin de l’année, tandis que l’ouverture de l’ensemble du spatioport est prévue pour 2013.
SpaceShipTwo, ou VSS Enterprise, le vaisseau de la compagnie Virgin Galactic, a réussi aujourd’hui même un vol d’essai important. Le vaisseau, d’abord porté à une quinzaine de kilomètres d’altitude par le vaisseau-mère, a été relâché puis a entamé avec succès la procédure d’atterrissage.
La compagnie de Richard Branson a mis en ligne la vidéo du vol :
Virgin organisera dans les mois prochains des vols d’essais similaires, afin de s’assurer du bon fonctionnement et de la sécurité de son matériel. Dans un vol abouti, le vaisseau SpaceShipTwo est censé être propulsé à une centaine de kilomètres – à la frontière de l’espace – avant d’entamer sa descente sur Terre.
La compagnie a également précisé que les premiers vols commerciaux auront lieu l’an prochain. Plus de 400 personnes ont d’ores et déjà réservé un vol, dont le coût approche aujourd’hui 220 000 dollars.
Sir Richard Branson, dans un entretien avec TechRadar (cliquer ci-dessus), explique que les ingénieurs de Virgin Galactic travaillent en ce moment à la création de vols intercontinentaux. L’idée est effectivement d’utiliser la technologie employée pour les prochains voyages dans l’espace dans le cadre de vols terrestres, ce qui permettrait de relier les grandes villes du monde en peu de temps. Un vol entre Londres et l’Australie ne prendrait par exemple que deux heures environ : l’avion décollerait d’Angleterre, entrerait dans l’espace puis reviendrait se poser sur le sol australien.
Le Royaume-Uni s’est récemment découvert l’ambition d’être la « capitale du tourisme spatial en Europe », d’après les dires mêmes du ministre britannique de l’Université et de la Recherche, David Willetts. Le ministre, qui s’attend à des investissements importants dans le domaine du tourisme spatial, souligne cependant qu’ouvrir un spatioport nécessite d’abord d’adapter la législation britannique, en accord avec les autorités européennes.
Le gouvernement britannique est en tout cas déterminé à construire un spatioport en Écosse, où plusieurs sites seraient adaptés pour le faire. La localité de Lossiemouth semble aujourd’hui être préférée des autorités. Virgin Galactic aurait d’ailleurs d’ores et déjà fait connaître son intérêt pour le projet, qui permettrait à l’Europe de se doter d’une seconde base de lancement, après la Suède.
Les compagnies de tourisme spatial ont récemment multiplié les offres et annoncé des baisses de prix. Un petit tableau récapitulatif des prix proposés aujourd’hui (fin novembre 2010) afin d’avoir une vue d’ensemble des offres :
De l’avis général, les prix sont susceptibles de baisser fortement dès lors que les premiers vols auront été entrepris. Le prix moyen d’un billet de vol suborbital serait ainsi divisé par 2 assez rapidement, ce qui permettrait alors une relative démocratisation du tourisme spatial, aujourd’hui réservé à une clientèle très aisée.
L’offre de vol suborbital proposée par Virgin Galactic est d’ores et déjà un succès commercial : en dépit du coût important du vol (200 000 dollars environ), la compagnie annonçait à la fin du mois dernier 400 premiers clients. La démocratisation du vol devrait amener assez rapidement une réduction de moitié du prix du billet, dont la valeur devrait donc tourner autour de 100 000 dollars.
Le récent succès de la simulation du vol – cette fois-ci avec séparation, décollage et atterrissage du vaisseau spatial arrimé au vaisseau mère – n’y est dit-on pas étrangère.
SpaceShipTwo, le vaisseau de Virgin Galactic, a connu hier même son premier vol habité. L’équipe s’est assuré pendant les 6 heures de vol du bon fonctionnement des instruments de bord.
SpaceShipTwo en vol
Le vaisseau – aussi appelé VSS Enterprise – est resté attaché au vaisseau mère Eve – aussi appelé WhiteKnightTwo – tout au long du vol. SpaceShipTwo est en effet conçu pour se séparer à altitude basse du vaisseau mère, pour voler de ses propres ailes jusqu’à la barre fatidique des 100 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, marquant la frontière entre atmosphère et espace.
Si les prochains tests appellent naturellement les premières tentatives de décollage depuis le vaisseau mère, aucune date n’a été communiquée à ce jour.
La crise économique, dans laquelle sont plongés comme d’autres pays les États-Unis, n’est pas sans effet sur le développement de l’industrie naissante du tourisme spatial. En effet, en dépit des avancées récentes – qu’il s’agisse des vols entrepris avec succès par Virgin Galactic ou par SpaceX – l’avenir du tourisme spatial privé reste quelque peu en sursit.
Il est certain que le développement de ce secteur nécessite des investissements lourds, afin que puissent être menés à bien les programmes de recherche ainsi que la construction des infrastructures, telles les spatioports. Cette situation justifie une politique de prix élevés dans un premier temps : le billet est proposé aux alentours de 220 000 dollars par Virgin et 95 000 dollars pour XCOR Aerospace.
Le contexte économique actuel est plutôt de nature à vider les carnets de commande plutôt que de faciliter une démocratisation rapide des offres de vol suborbital. Si la situation se poursuit, il est vraisemblable que seules les entreprises aux reins les plus solides pourront tirer leur épingle du jeu, à l’exemple de Virgin Galactic qui vient d’enrichir son équipe d’un ancien responsable de la NASA, George Whitesides, nommé nouveau CEO – c’est-à-dire PDG – de la filiale.
Il reste qu’en dépit de la morosité de l’époque, la société SpaceX poursuit son développement en ayant réussi à lancer sa fusée récupérable Falcon 9, le 4 juin dernier. Ce lanceur est destiné à remplacer les véhicules de la NASA pour approvisionner la Station Spatiale Internationale, en accord avec les souhaits du président américain Barack Obama, soucieux de reposer sur l’industrie spatiale privée pour des impératifs d’économie. La vidéo du décollage a été mise en ligne sur FastCompany :
Les fusées Falcon 9 ont été conçues de façon à pouvoir être converties en lanceurs habitables. Elles pourront par conséquent, dans un futur relativement proche, être utilisées pour transporter des hommes dans l’espace.
Une petite précision de vocabulaire s’impose, à l’intention principalement de tous ceux qui s’intéressent nouvellement au voyage et au tourisme spatial. Qu’appelle-t-on exactement un vol suborbital, tel qu’envisagé par des compagnies comme Virgin Galactic ou XCOR Aerospace, entre autres ?
Un vol suborbital, comme son nom l’indique, se distingue d’un vol orbital, situé à plus haute altitude. Les vols suborbitaux dépassent en principe la ligne de Kármán, fixée selon les standards internationaux à 100 kilomètres au dessus de la surface de la Terre, dans une zone appelée thermosphère. Cette limite est généralement considérée comme la frontière extrême de l’atmosphère : une fois dépassée, on peut parler de voyage dans l’espace sans abus de langage.
En l’occurrence, les vols opérés par le SpaceShipTwo de Virgin Galactic devraient atteindre une altitude maximale de 110 kilomètres. Afin d’y parvenir, le vaisseau se détachera de son vaisseau-mère aux alentours de 15 kilomètres d’altitude.