Sir Richard Branson, dans un entretien avec TechRadar (cliquer ci-dessus), explique que les ingénieurs de Virgin Galactic travaillent en ce moment à la création de vols intercontinentaux. L’idée est effectivement d’utiliser la technologie employée pour les prochains voyages dans l’espace dans le cadre de vols terrestres, ce qui permettrait de relier les grandes villes du monde en peu de temps. Un vol entre Londres et l’Australie ne prendrait par exemple que deux heures environ : l’avion décollerait d’Angleterre, entrerait dans l’espace puis reviendrait se poser sur le sol australien.
Le Royaume-Uni s’est récemment découvert l’ambition d’être la « capitale du tourisme spatial en Europe », d’après les dires mêmes du ministre britannique de l’Université et de la Recherche, David Willetts. Le ministre, qui s’attend à des investissements importants dans le domaine du tourisme spatial, souligne cependant qu’ouvrir un spatioport nécessite d’abord d’adapter la législation britannique, en accord avec les autorités européennes.
Le gouvernement britannique est en tout cas déterminé à construire un spatioport en Écosse, où plusieurs sites seraient adaptés pour le faire. La localité de Lossiemouth semble aujourd’hui être préférée des autorités. Virgin Galactic aurait d’ailleurs d’ores et déjà fait connaître son intérêt pour le projet, qui permettrait à l’Europe de se doter d’une seconde base de lancement, après la Suède.
La première bière de l’espace a vu le jour en Australie, fruit de la collaboration entre la Saber Astronautics Australia et la Four Pines Brewing Company. Jaron Mitchell, fondateur de Four Pines, évoque un événement historique. La bière, nommée Vostok en honneur du premier vol spatial habité, a en effet été adaptée aux conditions auxquelles est soumis l’homme en impesanteur afin de garder la même saveur que sur le sol terrestre.
Nous vous en parlions il y a quelques temps, les Émirats Arabes Unis s’intéressent de près au tourisme spatial. Plusieurs compagnies, à l’instar de Virgin Galactic ou de Bigelow Aerospace, ont déjà investi dans le pays. Ainsi, le Emirates Institution for Advanced Science and Technology (EIAST) a passé un accord avec Bigelow Aerospace afin d’y poser les premières pierres de l’industrie de l’espace. La firme américaine s’est ainsi engagée à travailler sur la microgravité, un champ de recherche à approfondir pour que l’industrie poursuive son développement.
Les Émirats sont d’autant plus intéressés par les voyages spatiaux que les experts envisagent un prix du billet autour de 25 000 $ seulement (soit 18 000 €) à l’horizon 2030, ce qui annonce une démocratisation assez rapide de ce nouveau type de loisir.
Les États souhaitant s’impliquer dans la course au voyage dans l’espace se multiplient, notamment aux États-Unis où le Sénat des îles Hawaï examinent en ce moment un texte prévoyant la création d’un spatioport.
La compagnie américaine Space Adventures a très récemment annoncé avoir vendu son premier billet pour la Lune. Pour 150 millions de dollars, l’agence spatiale privée propose un voyage autour de la Lune à bord d’une capsule russe Soyouz.
Le voyage durerait 9 jours : 3 jours vers la Lune, 3 jours en orbite autour de l’astre puis 3 jours pour revenir sur Terre. Si la compagnie s’attend à vendre sous peu d’autre billets, il lui reste à garantir un très haut niveau de sécurité et travaille à cette fin.
Les compagnies de tourisme spatial ont récemment multiplié les offres et annoncé des baisses de prix. Un petit tableau récapitulatif des prix proposés aujourd’hui (fin novembre 2010) afin d’avoir une vue d’ensemble des offres :
De l’avis général, les prix sont susceptibles de baisser fortement dès lors que les premiers vols auront été entrepris. Le prix moyen d’un billet de vol suborbital serait ainsi divisé par 2 assez rapidement, ce qui permettrait alors une relative démocratisation du tourisme spatial, aujourd’hui réservé à une clientèle très aisée.
Nous évoquions récemment la panne de l’industrie de l’espace du fait des contrecoups de la crise. La situation n’est cependant pas si négative qu’il n’y paraît, du fait des perspectives économiquement intéressantes impliquées par l’ouverture de ce nouveau marché. En effet, outre le fait que les États, en Amérique comme en Europe, sont appelés à reposer de plus en plus sur l’industrie privée pour mener leurs missions spatiales à bien, le tourisme spatial est aussi un secteur en plein développement où les attentes sont croissantes.
En réalité, les experts estiment qu’en 2021 environ 14 000 touristes prendront part chaque année aux vols spatiaux, ce qui représente un marché annuel de 700 millions de dollars (The New York Times)
Certaines compagnies de grande taille ont donc décidé de s’associer à des projets en cours. Récemment, la compagnie Space Adventures a ainsi conclu un accord avec le géant américain Boeing, afin de vendre des places à bord de son véhicule spatial. Les responsables de Boeing ont souligné à cette occasion l’intérêt du public pour les voyages dans l’espace – de plus en plus réel, avec la médiatisation des simulations de vol de Virgin Galactic entre autres – de même que les profits importants qui pourraient être réalisés dans ce domaine.
L'île de Curaçao, aux Antilles
KLM a de même noué un partenariat avec Curaçao Space Experience, une petite compagnie fondée par deux Néerlandais sur l’île tropicale de Curaçao, située dans les Antilles. La compagnie aérienne a ainsi fait l’acquisition de plusieurs billets (à 95 000 dollars l’unité) afin de pouvoir proposer à ses clients, sous la forme d’avantage, des vols spatiaux gratuits. Curaçao Space Experience, qui prévoit le lancement de ses premiers vols en 2014 avec un véhicule Lynx développé par XCOR Aerospace, a d’ailleurs pour ambition de développer ce type de partenariat dans les années qui viennent.
L’offre de vol suborbital proposée par Virgin Galactic est d’ores et déjà un succès commercial : en dépit du coût important du vol (200 000 dollars environ), la compagnie annonçait à la fin du mois dernier 400 premiers clients. La démocratisation du vol devrait amener assez rapidement une réduction de moitié du prix du billet, dont la valeur devrait donc tourner autour de 100 000 dollars.
Le récent succès de la simulation du vol – cette fois-ci avec séparation, décollage et atterrissage du vaisseau spatial arrimé au vaisseau mère – n’y est dit-on pas étrangère.
SpaceShipTwo, le vaisseau de Virgin Galactic, a connu hier même son premier vol habité. L’équipe s’est assuré pendant les 6 heures de vol du bon fonctionnement des instruments de bord.
SpaceShipTwo en vol
Le vaisseau – aussi appelé VSS Enterprise – est resté attaché au vaisseau mère Eve – aussi appelé WhiteKnightTwo – tout au long du vol. SpaceShipTwo est en effet conçu pour se séparer à altitude basse du vaisseau mère, pour voler de ses propres ailes jusqu’à la barre fatidique des 100 kilomètres au-dessus du niveau de la mer, marquant la frontière entre atmosphère et espace.
Si les prochains tests appellent naturellement les premières tentatives de décollage depuis le vaisseau mère, aucune date n’a été communiquée à ce jour.
La crise économique, dans laquelle sont plongés comme d’autres pays les États-Unis, n’est pas sans effet sur le développement de l’industrie naissante du tourisme spatial. En effet, en dépit des avancées récentes – qu’il s’agisse des vols entrepris avec succès par Virgin Galactic ou par SpaceX – l’avenir du tourisme spatial privé reste quelque peu en sursit.
Il est certain que le développement de ce secteur nécessite des investissements lourds, afin que puissent être menés à bien les programmes de recherche ainsi que la construction des infrastructures, telles les spatioports. Cette situation justifie une politique de prix élevés dans un premier temps : le billet est proposé aux alentours de 220 000 dollars par Virgin et 95 000 dollars pour XCOR Aerospace.
Le contexte économique actuel est plutôt de nature à vider les carnets de commande plutôt que de faciliter une démocratisation rapide des offres de vol suborbital. Si la situation se poursuit, il est vraisemblable que seules les entreprises aux reins les plus solides pourront tirer leur épingle du jeu, à l’exemple de Virgin Galactic qui vient d’enrichir son équipe d’un ancien responsable de la NASA, George Whitesides, nommé nouveau CEO – c’est-à-dire PDG – de la filiale.
Il reste qu’en dépit de la morosité de l’époque, la société SpaceX poursuit son développement en ayant réussi à lancer sa fusée récupérable Falcon 9, le 4 juin dernier. Ce lanceur est destiné à remplacer les véhicules de la NASA pour approvisionner la Station Spatiale Internationale, en accord avec les souhaits du président américain Barack Obama, soucieux de reposer sur l’industrie spatiale privée pour des impératifs d’économie. La vidéo du décollage a été mise en ligne sur FastCompany :
Les fusées Falcon 9 ont été conçues de façon à pouvoir être converties en lanceurs habitables. Elles pourront par conséquent, dans un futur relativement proche, être utilisées pour transporter des hommes dans l’espace.